dimanche 25 septembre 2016

Les escarpins

Tout avait commencé d’une façon si bête ! Un jeu de gamin, qui au départ n’avait rien de déplaisant. Puis, quand le garçon avait frôlé son visage, elle avait reculé, de peur que les choses n’aillent trop loin. Lui ne l’entendait pas de cette oreille, et il avait lourdement insisté.

— Bon ! Ça suffit maintenant ! Arrête, Gérard ! Jeux de mains, jeux de vilains ! Je ne veux pas…
— Ne te fâche pas Claude, c’est seulement pour plaisanter. Tu ne vas pas mourir pour une caresse sur tes seins…
— Ça suffit, je te dis : je ne veux pas ! Tu comprends le mot « non » ? Puisque tu insistes lourdement, je rentre chez moi !

mercredi 21 septembre 2016

New-York darkness (3)

 Relire le chapitre 2
CHAPITRE TROIS : Le Moon'

Alice, quand elle ne me criait pas dessus, était une jolie femme. Très jolie : visage pur, nez fin et droit, bouche sensuelle. Elle portait un tailleur cintré dont la jupe courte dévoilait de fort belles jambes mais qui la vieillissait un peu ; elle avait sûrement dans les vingt-cinq à trente ans maxi.

— Si tu veux te doucher, tu nettoies tout ; je suis peut-être maniaque, mais c’est comme ça.
— D’accord ; je pense être affligée de la même tare. Et oui, je vais prendre une douche.

Elle sourit pour la première fois à ma remarque ironique, preuve qu’elle avait le sens de l’humour. Sur ces bonnes paroles je me suis déshabillée, sans chercher à me cacher plus que ça avant de piocher une des deux serviettes que j’avais achetées deux jours plus tôt. Ainsi qu’un gel douche tout neuf à l’aloe vera et aux agrumes. À ma sortie de la douche, Alice était allongée sur le lit ; elle s’était changée et portait un débardeur blanc qui moulait sa poitrine et un short noir tout aussi moulant.

samedi 17 septembre 2016

Un sexologue pervers (2)

Relire le chapitre 1

Chapitre 2


La porte de l'appartement claque en se refermant.

— Mehdi, t'es là ?
— Ouais... Qu'est-ce qu'il y a ?
— Il faut que je te parle, mon cœur ; viens dans le salon.
— Attends un instant, j'ai pas encore fini...

Sarah le rejoint dans la chambre ; elle le trouve en train de s'astiquer le manche devant l'ordinateur dont l'écran affiche une scène de sodomie.

mardi 13 septembre 2016

Instantanés (3)

Le mariage


Les lèvres soigneusement couvertes d'un rose discret embrassent le gland gonflé, puis l'avalent. Les joues délicatement maquillées se creusent, un léger bruit de succion se mêle au son de la respiration qui s'accélère. Les doigts gantés de blanc s'activent autour du pénis dressé hors du pantalon noir devant lequel elle se tient agenouillée telle une fervente toute entière dévouée à sa prière. Ses deux superbes seins aux tétons fièrement dressés ont été sortis en offrande du bustier blanc qui les étouffait depuis le début de la cérémonie. Les yeux humides levés vers son époux, la jeune mariée s'affaire consciencieusement, scellant leur union par ce tout premier acte d'amour conjugal.

vendredi 9 septembre 2016

Indécences - Itinéraire d'une dévergondée (17)


 Relire le chapitre 16
Attraits et hésitations



Mi-amusée, mi-perplexe, je quittai la pièce avec un certain empressement, le laissant fredonner ce qui n’était pour moi qu’une sibylline ritournelle. Une fois dans le couloir, je ne savais déjà plus quelle attitude adopter : rejoindre Gildas et Claude, ou regagner directement ma chambre pour me préparer pour la nuit ? Trouvant cette dernière solution quelque peu cavalière, j’optai pour retrouver les deux compères que j’entendais plaisanter dans le salon. Ayant perdu un peu de ma contenance, je longeai le corridor de mes pas entravés par mes cuisses et mes fesses gluantes.

En repassant devant la porte des toilettes ouverte, je m’assis calmement sur le siège après en avoir maladroitement relevé la lunette. La tête reposée sur les mains, pensive, je tentais de reprendre le contrôle de mes idées. Je devinai l’épaisse silhouette de Charles, plus que je ne la vis, passer devant moi. À ce moment, je pris une profonde respiration pour m’aider à chasser les larmes impromptues qui voilaient ma vision ; je me sentais pleinement désorientée : pour la première fois, l’inquiétude me gagnait.

lundi 5 septembre 2016

1944 : opérations très spéciales (3)

Relire le chapitre 2


DEUXIÈME OPÉRATION


Leipzig, 26 juin 1944


Nous voici arrivés dans la ville indiquée pour notre nouvelle mission. Le général y a une grande résidence en dehors de la ville et nous y avons rendez-vous demain soir vers 18 heures. Elisabeth et moi avons pris le train jusque-là, et c’est fatigués par le voyage que nous nous effondrons d’un même mouvement sur le lit de la chambre d’hôtel.
Après quelques minutes de repos mérité, Lysa se tourne vers moi et dit en souriant :

— Te rends-tu compte que nous avons été formés pour baiser avec l’ennemi et que nous n’avons même pas eu encore à le faire ?
— Ouais ; en même temps, Grubber, tu l’as flingué avant qu’il ne commence.

Elle rit de bon cœur à ma blague et vient s’allonger sur moi pour poser sur mes lèvres un baiser que je trouve très amoureux. Je savoure ledit baiser et passe ma main derrière sa tête pour caresser sa nuque. Elle me regarde droit dans les yeux, prenant un air sérieux d’un coup pour me dire :

— J’ai très envie de toi, maintenant...

jeudi 1 septembre 2016

Dix-sept heures trente (6)

Relire les chapitres 9 et 10

CHAPITRE 11:00


Les mois passèrent et nous voilà arrivés au Noël suivant. Charlotte et Thierry avaient invité toute la famille à réveillonner chez eux. C’était la première fois que la famille était réunie depuis le mariage. Moi, j’appréhendais surtout une chose : revoir Tatiana. Ma dernière conversation avec elle avait été très dure, et j’ignorais comment elle allait réagir en me revoyant. Je n’avais pas été correct avec elle.
Et comme je le craignais, son bonjour fut des plus glaciaux. Visiblement, elle m’en voulait encore. Et elle n’était pas la seule : ses parents aussi. Il faut dire que je les avais déçus, eux qui espéraient de grandes choses pour Tatiana et moi : j’avais mis fin d’un coup sec à leurs doux rêves. Et l’ambiance était tendue comme cela avec tous les membres de la famille de Tatiana. Seul Thierry se montrait un peu plus chaleureux et faisait des efforts. Sûrement que Charlotte le lui avait demandé.

samedi 27 août 2016

Un sexologue pervers (1)

Chapitre 1


Sarah marchait lentement en remontant une rue du centre de cette grande ville universitaire d’Aquitaine ; son regard s’attardait sur l’entrée des immeubles bourgeois, à la recherche du numéro qui lui avait été indiqué. « 21… 19… 17 : c’est bien là ! » D’ailleurs une plaque de cuivre rutilante annonçait :


Docteur S. de Feule
Sexologue
3ème étage


Elle pénétra dans le hall d’un pas décidé et appuya sur le bouton d’appel de l’ascenseur.


lundi 22 août 2016

New-York darkness (2)

Relire le chapitre 1

CHAPITRE DEUX : Alice, la rencontre

 En fait, j’ai dormi trois nuits chez Rondha car je ne trouvais pas de travail dans un restaurant qui me plaise ; et pourtant j’ai quadrillé Greenwich, Tribeca… Le troisième jour, je suis allée voir la personne dont Mario avait parlé. C’était un dirigeant d’établissements de nuit allant de clubs de strip-tease à bars à hôtesses et restaurants. Il m’a reçue dans un de ses bars, un spécial go-go danseuses ; deux d’entre elles, vêtues succinctement d’un bikini rouge, tournoyaient paresseusement autour d’une barre verticale ; je ne pus m’empêcher de repenser à Kachina, la si belle danseuse exotique qui avait été mon amie. Je l’avais souvent vue danser, et c’était un spectacle d’une sensualité bouleversante.

— Bonjour ; alors tu cherches du travail ? Tu as l’air bien foutue ; dommage pour tes cheveux, mais il y en a qui aiment ça aussi. Moi, c’est Carlo Delmonte.

mercredi 17 août 2016

Dix-sept heures trente (5)

Relire les chapitres 7 et 8

CHAPITRE 09:00


Le lendemain matin, j’ai mis quelques minutes pour réaliser où j’étais. Je ne reconnus pas tout de suite le lieu, puis mes souvenirs de la veille se firent de moins en moins brumeux. Tatiana était encore allongée à côté de moi. Je commençai à la caresser doucement en me félicitant d’avoir pu baiser une femme si bandante. J’avais hâte de recommencer. Le contact de mes mains sur ses seins la réveilla peu à peu. Elle commença d’abord à gémir légèrement, puis ouvrit finalement les yeux. Une fois bien réveillée, elle repoussa mes mains, se leva et enfila sa robe de la veille.

— Excuse-moi ; hier soir, j’étais bourrée. T’es pas vraiment mon type de mec, expliqua-t-elle sur un ton condescendant. Si tu pouvais donc sortir de ma chambre…

mardi 9 août 2016

Indécences - Itinéraire d'une dévergondée (16)

Relire le chapitre 15

Petit pont


Avec le pénis mou de Gildas en bouche et un autre qui glissait comme une limace entre mes doigts, je me laissais examiner le postérieur par Claude. Là où d’autres femmes se seraient plus que raisonnablement vu abaissées, voire avilies ou humiliées, je ressentais à l’inverse un pouvoir de puissance – celui d’être convoitée – que seul donnait la constitution de mon sexe face à la virilité opposée. Je voulais tout connaître de ces authentiques plaisirs qui s’offraient à ma liberté nouvelle, et ma propre jouissance passait par cette possibilité de donner aux hommes ces plaisirs charnels pleinement partagés.

Nue, offerte à toutes les fantaisies de ces trois individus en qui j’avais pleinement confiance, je m’enorgueillissais d’être l’instrument de toute leur attention, d’autant que leurs envies respectives se trouvaient augmentées par un manque de sexualité avoué. Ils avaient l’expérience, et leur appétence maîtrisée – oui, mais pas toujours ! – savait calmer mon impatience. Il me plaisait d’être la tentation de leurs désirs. Le contact de leurs mains, de leur verge (surtout), la fixation de leur regard sur mon corps : tout contribuait à me faire ressentir ma nature d’objet érotique.

vendredi 5 août 2016

1944 : opérations très spéciales (2)


Relire le chapitre 1
PREMIÈRE OPÉRATION – 2/2


Berlin, 24 juin 1944


Le voyage s’est fait sans encombre, et c’est en civil que nous prenons possession de la maison qui a été prévue pour nous. C’est une belle demeure dans un quartier bourgeois de Berlin épargné par les bombardements, car loin des zones où sont installées les usines et les installations militaires. Pas le temps de se reposer : l’expo a lieu dans trois heures, et nous sommes encore revêtus de nos tenues de voyage.

Elisabeth s’installe dans la salle de bain pour se rafraîchir après ce long voyage depuis la Grande-Bretagne. Moi, je m’effondre sur le lit, mais mon regard est attiré vers la salle de bain où la jolie brune est en train de se dévêtir. Bien que je la connaisse disons… « intimement », je ne peux m’empêcher de détailler ce corps divinement sculpté pour le plaisir des yeux et des mains.

lundi 1 août 2016

Dix-sept heures trente (4)

Relire les chapitres 5 et 6

CHAPITRE 07:00


Le réveillon de Noël se déroula calmement. Nous bûmes tous ensemble et nous mangeâmes beaucoup dans la bonne humeur, bercés par la musique que nous avions pris plaisir à sélectionner avec Charlotte. Huîtres, tourteaux, saumon, foie gras, dinde aux marrons et fromages, le repas fut copieux et délicieux. Ce n’est qu’arrivé au dessert – une bûche glacée aux fruits exotiques – que Thierry décida de nous annoncer la grande nouvelle. Il se leva, une flûte de champagne dans la main droite, et toussota.

— Puis-je avoir votre attention s’il-vous plaît ? déclara-t-il en tapotant une cuillère sur sa flûte de champagne.

Le silence se fit promptement et tous les regards se braquèrent sur lui. Il était vêtu en costume-cravate noir qui sembla soudain le serrer. Que voulait-il au juste ? Que nous réservait-il ? J’eus soudain un très mauvais pressentiment, surtout quand je le vis s’approcher de ma sœur. Il sembla mal à l’aise, hésita, puis après une grande inspiration il décida de se lancer.

mardi 26 juillet 2016

La poupée de chiffon

Les mains de la jeune femme serrent entre leurs doigts longs et fins une sorte de clé, puis lentement elle tourne celle-ci. Le bruit du mécanisme se fait entendre dans cette pièce toute simple. Un lit, une table, une chaise – belle, certes – mais juste une chaise sur laquelle la brune est assise. Puis, quand elle estime qu’elle a assez remonté le ressort intérieur, invisible dans sa boîte de bois verni, elle ouvre délicatement le couvercle. Au fur et à mesure de l’ouverture de cette salle de spectacle miniature, la danseuse, elle, monte vers l’air libre, la main au-dessus de sa tête.

Soudain, dans la chambre, la musique qui rythme les tours de la demoiselle en tutu, la musique emplit totalement l’espace de la jeune femme. C’est toujours avec ravissement qu’elle écoute, dans le silence de son antre, la mélodie qui fait revenir tellement de souvenirs… C’est souvent ainsi qu’elle voyage, dans son univers de femme solitaire ; elle s’invente parfois des histoires, des contes de fées pour petite bourgeoise, des instants fabuleux où elle crée elle-même son destin. Alors que le petit rat tourne et tourne encore sur lui-même, les notes emportent l’esprit de Claude vers un autre jour.

Un jour qu’elle a vécu ? Un jour qu’elle s’invente ? Allez savoir, avec les idées qu’elle a dans la tête…. Une soirée bien, l’autre moins ; mais c’est le lot de toutes les personnes solitaires comme elle.

La musique qui s’échappe de la boîte arrive au cerveau de cette ravissante jeune femme, et la voici plongée dans des souvenirs qui n’appartiennent qu’à elle. Enfin, presque, puisqu’elle pense que ce sont vraiment des moments partagés par tant d’autres qu’elle se plaît à se rappeler.

jeudi 21 juillet 2016

New-York darkness (1)

PROLOGUE

New York, 2 août 2013

Le grand bus bleu et argent décoré d’un lévrier est sorti du long tunnel et la pluie a vite transformé la poussière qui le recouvrait en fines coulures noires. Émerveillés, les passagers, malgré la fatigue et l’hébétude, contemplaient à travers les vitres sales les tours de Manhattan, les enfants, le nez collé à la vitre humide, poussaient des cris aigus.

Seule une femme brune restait complètement amorphe, sans réaction, alors que des exclamations fusaient, un groupe de lycéens découvrant les gratte-ciels mythiques pour la première fois. Immobile, son visage blafard restait obstinément vissé sur l’appui-tête devant elle, indifférente à l’agitation, aux cris, à tout.

Lorsque le bus se gara à son emplacement de la station de Manhattan, terminus de ce long voyage, elle ne bougea pas plus et reste assise jusqu’à ce que tous les passagers aient déserté le long véhicule. Alors seulement elle se leva en retenant un gémissement ; elle marcha pesamment jusqu’à la porte et inclina la tête devant le chauffeur, un asiatique maigrichon qui la salua gravement en touchant sa casquette sombre.

Sa valise à roulettes était posée sur le quai, seul bagage encore présent ; les arrivants et leurs comités d’accueil étaient partis depuis plusieurs minutes. Elle était seule. Douloureusement seule encore une fois. Sans envie, sans raison de se battre. Sans paraître se rendre compte de la pluie qui d’ailleurs était en passe de s’arrêter, elle saisit la poignée de sa valise ; alors seulement, comme si elle émergeait d’un rêve éveillé aux allures de cauchemar, elle regarda autour d’elle d’un œil morne.

mardi 19 juillet 2016

[Échange] Toutes ces nuits

Toutes ces nuits passées à l’aimer
Ces mots écrits jamais prononcés
Le temps a fui. Le temps de lasser.

Comme un ennui qui soudain l’oppresse
Juste une envie que tu disparaisses
Le jeu est fini. Sans se retourner.

Mais dire aussi

Qu’il a surgi au bout de la jetée
Si tu oublies tout peut recommencer
Tu as compris. Une histoire insensée.

Texte : Sacha Kuz
Photo : David One

dimanche 17 juillet 2016

Dix-sept heures trente (3)

Relire les chapitres 3 et 4

CHAPITRE 05:00


Durant cette période, il y eut Delphine. Delphine avait été une fille de ma promo de licence. Je ne sais pas pourquoi, mais il s’avéra que je lui plaisais. Je ne sais pas ce qu’elle me trouvait, surtout que j’étais au plus mal à cette époque. Je ne parlais à personne, je ne m’intéressais à rien. J’étais plutôt en mode zombie : je marchais parmi les autres mais je me sentais mort à l’intérieur. Je prenais des notes pendant les cours sans vraiment entendre ce que le prof nous dictait. J’agissais comme un automate, complètement vide à l’intérieur.

Quant à elle, Delphine était une fille plutôt plaisante et agréable. Loin d’être un canon de beauté, elle ne manquait cependant pas de charme avec sa petite frimousse enfantine, ses yeux rieurs et sa coiffure toujours indomptable. Il est vrai que je l’avais déjà remarquée auparavant ; son côté malicieux me rappelait un peu ma sœur. Elle était dotée aussi d’un humour des plus percutants et s’était ainsi entourée de beaucoup de monde.