lundi 5 décembre 2016

1944 : opérations très spéciales (6)

Relire le chapitre 5


CINQUIÈME OPÉRATION


Londres, 31 août 1944


Depuis que nous sommes rentrés, les infos sur la libération de telle ou telle ville tombent sans cesse : Paris, Nice, Troyes ; Reims, hier. Nous avançons vers une libération longue et compliquée, mais nous avançons.
Elisabeth et moi sommes en congés forcés. Ralph est parti en mission avec une rouquine que je ne connais pas pour récupérer des toiles d’une certaine Charlotte Salomon, déportée et assassinée.
Le débriefing avec l’agent Katarina 271 a été « spécial »… comme l’agent, mais je ne raconterai rien : c’est top secret.

Malgré tout ce qu’elle a eu à supporter durant la dernière mission, Elisabeth va bien, très bien même ; pour preuve, elle me saute dessus tous les soirs et nous faisons l’amour avec passion.
Cela n’a pas échappé à la colonelle Thorp, et elle m’a convoqué dans son bureau ce matin.

lundi 21 novembre 2016

New-York darkness (5)

Relire le chapitre 4

CHAPITRE CINQ : Delmonte

Le 4 novembre, Mr Delmonte me demanda de passer à son bureau ; c’était mon soir de repos au Moon’, et je devais le voir à 16 heures. Je suis arrivée en avance de cinq minutes mais il m’a fait entrer aussitôt. Je n’avais pas parlé avec lui depuis mon embauche début août ; je l’avais parfois aperçu au bar, mais c’était tout. Je me suis assise sagement, me demandant ce qu’il me voulait. J’étais inquiète, et j’avais bien raison de l’être.

— Stephanie, je t’en avais parlé cet été : tu vas changer de job.
— Mais… je n’ai rien demandé.
— Tu as vingt-et-un ans demain, et tu peux maintenant travailler partout. Et je veux voir ce que tu as dans le ventre : tu vas travailler comme entraîneuse dans un bar de nuit.
— Il n’en est pas question ! Je travaille déjà presque à poil, et franchement, ça ne me plaît déjà pas trop ; alors je refuse. Je préfère partir du Moon’ si ça vous va pas.
— Me parle pas comme ça ! Personne ne parle à Carlo Delmonte comme ça ! Si tu refuses, je fais virer ta colocataire du studio et de son travail. Comme ça, vous vous retrouverez toutes les deux à la rue. Et je me débrouillerai pour qu’elle ne trouve plus de travail, en lui faisant des références pourries.

mercredi 9 novembre 2016

Indécences - Itinéraire d'une dévergondée (19)

Relire le chapitre 18

Doublet impromptu




Dans la clarté déclinante du crépuscule, notre voiture roulait à nouveau sur la nationale. La perspective que je sois exhibée devant des inconnus exaltait les deux membres de mon escorte, mais leur intention réelle était d’une autre nature. Gildas, qui semblait à présent être le plus enthousiaste, sortit de sa réserve pour m’exposer les grandes lignes du défi à relever :

— J’ai bien aimé regarder Claude te prendre. Ce serait plaisant de te voir baisée par un autre homme. Et comme tu m’as sucé, tu devras aussi pratiquer une fellation. Il faudrait donc te trouver deux types… au moins !

Un de ses doigts effleura ma cuisse et remonta vers mon pubis dont le relief se devinait au travers du tissu. Il précisa :

— Je te préviens : si on trouve un gentil routier à t’offrir, tu devras nous revenir avec la preuve de son offrande.
— C’est-à-dire ?
— Ben, pardi ! Tu devras nous prouver qu’il t’a prise. Je n’ai pas besoin de te faire un dessin, si ?
— Et… si je lui fais une fellation ?
— Pareil : tu reviens avec la preuve de son don sur le menton, la joue, entre les dents, peu importe. Donc, évite de tout garder pour toi comme d’habitude, petite chipie !

samedi 5 novembre 2016

1944 : opérations très spéciales (5)

Relire le chapitre 4


QUATRIÈME OPÉRATION


Paris, 5 juillet 1944, 14 h


Voilà maintenant deux jours que nous avons été faits prisonniers. J’ai rapidement été séparé d’Elisabeth, et je n’ai plus de nouvelles d’elle. Après un transport commun dans un véhicule allemand, nous sommes arrivés à Paris. Transféré vers la Kommandantur, j’ai été enfermé dans une cellule, seul. Ma compagne est restée dans le camion, embarquée vers je ne sais quelle direction.
Pour le moment, je n’ai vu personne d’autre que mes gardiens. Pas de questions, pas d’interrogatoires, et aucun contact avec la Gestapo ou la SS. Je suis simplement retenu dans un cachot et nourri avec parcimonie par des soldats.

Quand, il y a deux jours, nous nous sommes retrouvés face au général, j’avoue avoir été fort surpris : je lui avais logé une balle dans la tête il y a quelques semaines, et je le retrouve en parfaite santé et goguenard. Oui c’est le terme exact qui me vient : goguenard. Il nous a tout de suite reconnus. À moi, il a lancé :

— Vous m’avez manqué !

lundi 31 octobre 2016

Halloween

En cette soirée du 31 octobre, j’attends la venue des enfants déguisés et maquillés qui font la chasse aux bonbons ; comme chaque année, j’en ai constitué un bon stock et creusé une citrouille pour en faire un Jack-o’-Lantern qui, placé sur le rebord d’une fenêtre et éclairé de l’intérieur par une bougie, indique que je participe à cette fête païenne de Samain au cours de laquelle les Celtes prétendaient avoir accès à l’Autre Monde, celui des esprits maléfiques et des dieux.

Alors que le soir tombe et que je regarde à la télévision un épisode des Simpsons « spécial Halloween », la sonnette retentit. Quittant la mezzanine, je me précipite dans l’escalier hélicoïdal pour rejoindre le rez-de-chaussée. Lorsque j’ouvre la porte, je me trouve face à cinq gamins grimés et déguisés qui me tendent des paniers et des sacs pour que j’y dépose des confiseries en réclamant :

— Des bonbons ! Des bonbons !

vendredi 21 octobre 2016

New-York darkness (4)

Relire le chapitre 3

CHAPITRE QUATRE : Pause en douceur

Alice est restée jusqu’à la fermeture et nous somme rentrées bras dessus bras dessous au studio. Pour la taquiner, une fois arrivées, je lui lançai :

— Tu arriverais à me faire un strip-tease ? Bien sensuel… Mais sans Joe Cocker, je t’en supplie. Tu nous choisis une chanson sexy…
— Ma chanteuse préférée, Adele ; elle a une voix qui me fait mouiller…
— Parfait, je l’adore aussi… Mais tu as intérêt à assurer.

Je me suis assise en tailleur sur le lit pendant qu’elle cherchait sur sa playlist ; la sublime voix d’Adele a envoyé « Rolling in the deep ». Et Alice s’est tournée vers moi en ondulant, mains croisées sur la nuque, le visage illuminé par un beau sourire et les yeux brillants de plaisir. Elle a ensuite fait glisser les fines bretelles sur ses bras avant de laisser couler sa robe jusqu’à ses hanches. Elle portait un joli soutien-gorge noir à balconnets, et ses mamelons étaient gonflés et durs car ils tendaient la fine dentelle. J’ai sifflé doucement quand elle a accompagné sa robe sur ses cuisses fuselées pour l’enjamber sans enlever ses escarpins à talons hauts.

jeudi 13 octobre 2016

Une journée comme les autres ?

La sonnerie du réveil met fin à un rêve que j'ai déjà oublié. Il est 6 heures. La lueur de l'aube commence imperceptiblement à éclairer la chambre à travers le fin voile blanc qui fait office de rideau. Je me lève, entre dans le dressing dont je ferme doucement la porte avant d'allumer la lumière. Mon cher et tendre, à qui il reste une petite heure de sommeil, est déjà réveillé. Même s'il n'a pas bougé, je sais qu'il ouvre toujours les yeux avant moi. Il se contente de somnoler en attendant son tour. Face à la porte de la chambre, la seconde porte du dressing ouvre sur la salle de bain. Je la franchis, nue, après avoir déposé ma chemise de nuit sur un tabouret. La douche me remet les idées en place, et l'agenda de ma journée commence à défiler dans ma tête. Une grosse réunion de projet durant laquelle j'interviens à deux reprises.

dimanche 9 octobre 2016

Indécences - Itinéraire d'une dévergondée (18)

Relire le chapitre 17


Observances



Par comparaison avec les réjouissances passées, ma première épreuve me paraissait ridiculement grotesque : je devais m’exhiber depuis l’intérieur de notre voiture lorsque nous doublerions des camions. L’idée me parut d’emblée ennuyeuse et peu propice à assouvir ma volcanique concupiscence. Seule la perspective d’un éventuel tête-à-tête avec un routier compréhensif m’avait fait accepter.

Avant le départ, il m’avait été précisé que l’accès à ma personne se devrait d’être rapide et se faire sans la moindre contrariété. Ce dernier point me confortait sur l’intention de mes accompagnateurs de ne pas se contenter de m’exposer à la vue de camionneurs. Pour l’heure, ma seule certitude résidait dans mon accoutrement. Une tenue dite « alléchante » m’avait été imposée pour l’étalage de mes charmes : mon sobre habillage consistait en des bas noirs avec porte-jarretelles encadrant une minuscule culotte de la même couleur sous une courte tunique.

mercredi 5 octobre 2016

1944 : opérations très spéciales (4)

Relire le chapitre 3


TROISIÈME OPÉRATION


Londres, 30 juin 1944


— L’option que vous avez prise n’était certes pas la meilleure, mais je la cautionne tout de même dans mon rapport, me dit mademoiselle Thorp alors que j’entre dans son bureau. Nous aurions préféré pouvoir interroger ce général, mais la situation ne l’a pas permis. Il est mort, cela nous arrange également.

Je m’assois dans le fauteuil en face de son bureau et l’écoute me lire le rapport qu’elle va envoyer à l’état-major de nos armées. Je n’ai pas d’état d’âme concernant cet officier allemand ; je n’en ai que rarement concernant ces salauds et leurs méthodes. Aux dernières infos reçues, nos troupes avancent en Normandie et Staline vient de lancer l’opération Bagration sur le front de l’Est. Les nazis vont être éradiqués, et moi, à mon petit niveau, j’y participe.

dimanche 25 septembre 2016

Les escarpins

Tout avait commencé d’une façon si bête ! Un jeu de gamin, qui au départ n’avait rien de déplaisant. Puis, quand le garçon avait frôlé son visage, elle avait reculé, de peur que les choses n’aillent trop loin. Lui ne l’entendait pas de cette oreille, et il avait lourdement insisté.

— Bon ! Ça suffit maintenant ! Arrête, Gérard ! Jeux de mains, jeux de vilains ! Je ne veux pas…
— Ne te fâche pas Claude, c’est seulement pour plaisanter. Tu ne vas pas mourir pour une caresse sur tes seins…
— Ça suffit, je te dis : je ne veux pas ! Tu comprends le mot « non » ? Puisque tu insistes lourdement, je rentre chez moi !

mercredi 21 septembre 2016

New-York darkness (3)

 Relire le chapitre 2
CHAPITRE TROIS : Le Moon'

Alice, quand elle ne me criait pas dessus, était une jolie femme. Très jolie : visage pur, nez fin et droit, bouche sensuelle. Elle portait un tailleur cintré dont la jupe courte dévoilait de fort belles jambes mais qui la vieillissait un peu ; elle avait sûrement dans les vingt-cinq à trente ans maxi.

— Si tu veux te doucher, tu nettoies tout ; je suis peut-être maniaque, mais c’est comme ça.
— D’accord ; je pense être affligée de la même tare. Et oui, je vais prendre une douche.

Elle sourit pour la première fois à ma remarque ironique, preuve qu’elle avait le sens de l’humour. Sur ces bonnes paroles je me suis déshabillée, sans chercher à me cacher plus que ça avant de piocher une des deux serviettes que j’avais achetées deux jours plus tôt. Ainsi qu’un gel douche tout neuf à l’aloe vera et aux agrumes. À ma sortie de la douche, Alice était allongée sur le lit ; elle s’était changée et portait un débardeur blanc qui moulait sa poitrine et un short noir tout aussi moulant.

samedi 17 septembre 2016

Un sexologue pervers (2)

Relire le chapitre 1

Chapitre 2


La porte de l'appartement claque en se refermant.

— Mehdi, t'es là ?
— Ouais... Qu'est-ce qu'il y a ?
— Il faut que je te parle, mon cœur ; viens dans le salon.
— Attends un instant, j'ai pas encore fini...

Sarah le rejoint dans la chambre ; elle le trouve en train de s'astiquer le manche devant l'ordinateur dont l'écran affiche une scène de sodomie.

mardi 13 septembre 2016

Instantanés (3)

Le mariage


Les lèvres soigneusement couvertes d'un rose discret embrassent le gland gonflé, puis l'avalent. Les joues délicatement maquillées se creusent, un léger bruit de succion se mêle au son de la respiration qui s'accélère. Les doigts gantés de blanc s'activent autour du pénis dressé hors du pantalon noir devant lequel elle se tient agenouillée telle une fervente toute entière dévouée à sa prière. Ses deux superbes seins aux tétons fièrement dressés ont été sortis en offrande du bustier blanc qui les étouffait depuis le début de la cérémonie. Les yeux humides levés vers son époux, la jeune mariée s'affaire consciencieusement, scellant leur union par ce tout premier acte d'amour conjugal.

vendredi 9 septembre 2016

Indécences - Itinéraire d'une dévergondée (17)


 Relire le chapitre 16
Attraits et hésitations



Mi-amusée, mi-perplexe, je quittai la pièce avec un certain empressement, le laissant fredonner ce qui n’était pour moi qu’une sibylline ritournelle. Une fois dans le couloir, je ne savais déjà plus quelle attitude adopter : rejoindre Gildas et Claude, ou regagner directement ma chambre pour me préparer pour la nuit ? Trouvant cette dernière solution quelque peu cavalière, j’optai pour retrouver les deux compères que j’entendais plaisanter dans le salon. Ayant perdu un peu de ma contenance, je longeai le corridor de mes pas entravés par mes cuisses et mes fesses gluantes.

En repassant devant la porte des toilettes ouverte, je m’assis calmement sur le siège après en avoir maladroitement relevé la lunette. La tête reposée sur les mains, pensive, je tentais de reprendre le contrôle de mes idées. Je devinai l’épaisse silhouette de Charles, plus que je ne la vis, passer devant moi. À ce moment, je pris une profonde respiration pour m’aider à chasser les larmes impromptues qui voilaient ma vision ; je me sentais pleinement désorientée : pour la première fois, l’inquiétude me gagnait.

lundi 5 septembre 2016

1944 : opérations très spéciales (3)

Relire le chapitre 2


DEUXIÈME OPÉRATION


Leipzig, 26 juin 1944


Nous voici arrivés dans la ville indiquée pour notre nouvelle mission. Le général y a une grande résidence en dehors de la ville et nous y avons rendez-vous demain soir vers 18 heures. Elisabeth et moi avons pris le train jusque-là, et c’est fatigués par le voyage que nous nous effondrons d’un même mouvement sur le lit de la chambre d’hôtel.
Après quelques minutes de repos mérité, Lysa se tourne vers moi et dit en souriant :

— Te rends-tu compte que nous avons été formés pour baiser avec l’ennemi et que nous n’avons même pas eu encore à le faire ?
— Ouais ; en même temps, Grubber, tu l’as flingué avant qu’il ne commence.

Elle rit de bon cœur à ma blague et vient s’allonger sur moi pour poser sur mes lèvres un baiser que je trouve très amoureux. Je savoure ledit baiser et passe ma main derrière sa tête pour caresser sa nuque. Elle me regarde droit dans les yeux, prenant un air sérieux d’un coup pour me dire :

— J’ai très envie de toi, maintenant...

jeudi 1 septembre 2016

Dix-sept heures trente (6)

Relire les chapitres 9 et 10

CHAPITRE 11:00


Les mois passèrent et nous voilà arrivés au Noël suivant. Charlotte et Thierry avaient invité toute la famille à réveillonner chez eux. C’était la première fois que la famille était réunie depuis le mariage. Moi, j’appréhendais surtout une chose : revoir Tatiana. Ma dernière conversation avec elle avait été très dure, et j’ignorais comment elle allait réagir en me revoyant. Je n’avais pas été correct avec elle.
Et comme je le craignais, son bonjour fut des plus glaciaux. Visiblement, elle m’en voulait encore. Et elle n’était pas la seule : ses parents aussi. Il faut dire que je les avais déçus, eux qui espéraient de grandes choses pour Tatiana et moi : j’avais mis fin d’un coup sec à leurs doux rêves. Et l’ambiance était tendue comme cela avec tous les membres de la famille de Tatiana. Seul Thierry se montrait un peu plus chaleureux et faisait des efforts. Sûrement que Charlotte le lui avait demandé.